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Innovation Ouverte

L’innovation ouverte des PME – Better, Faster, Harder

La demande d’innovation est de plus en plus pressante et elle s’accélère … ouvrant la voie de l’innovation ouverte des PME.

Nous observons que, même sur les marchés d’offre historiques comme l’électronique grand public, la demande impose la cadence et non plus l’offre. Les consommateurs s’attendent à de meilleurs produits tous les jours et même les leaders du marché peuvent être pris au piège du jeu de l’offre et de la demande .
Vous souvenez-vous de l’ annonce de l’iPhone 4s en 2011 ? Les blogs et les journaux avaient relayé une énorme déception du fait de l’absence d’innovation (une recherche Google sur : ‘ iphone 4s ET déception’ vous donnera  des centaines de milliers de pages ! ) .
De nombreux exemples similaires peuvent être trouvés dans l’industrie automobile où il est attendu des nouveaux modèles de surclasser les précédents sur : la sécurité, la consommation de carburant, le niveau de pollution, la qualité, les équipement connectés, le GPS, la musique… la liste est infinie et les attentes bien difficiles à satisfaire.

Les consommateurs se sont habitués à se voir offrir en permanence de nouveaux produits et de nouvelles fonctionnalités au cours des dernières décennies, cela est devenu une attente forte pour le ‘toujours plus’ .

Mais la concurrence industrielle impose également que ces nouveaux modèles soient délivrés à un rythme toujours plus rapide .

Un exemple : dans les années 2000 l’industrie du téléphone mobile était basé sur les fondamentaux suivants: une durée de vie produit de 2 à 3 ans et une disponibilité des modèles de 2 ans. Ces chiffres sont à présent respectivement 18 et 12 mois en moyenne, soit une accélération d’un facteur 2. Le renouvellement de la gamme produits est encore plus impressionnant dans l’industrie informatique où les modèles sont remplacés chaque année .

Cette tendance de l’électronique grand public se retrouve dans de nombreux autres secteurs comme l’habillement, l’alimentation et même les services comme la banque et l’assurance qui proposent de nouvelles offres presque chaque mois .

La concurrence impose que les produits soient livrés de plus en plus rapidement.

Qu’est-ce que cela implique pour les fabricants ?

D’une part la complexité des produits augmente à un rythme inégalé pour répondre à la demande d’innovation. Pensez aux technologies embarquées dans une voiture (une voiture embarque environ 30 microprocesseurs et d’un million de lignes de code), ou dans un smartphone ( GPS , détecteur de mouvement , NFC , écrans , batterie , appareil photo, processeurs … ). Et d’autre part ces technologies doivent être développées, intégrées, testées et livrées toujours plus vite. Et, de plus, chacune d’entre elles, alors qu’elles devient plus sophistiqué, plus miniaturisée, est aussi de plus en plus chères à produire, conduisant à la concentration des acteurs et la réduction de la concurrence .

Aucune entreprise au monde ne peut maîtriser toutes ces technologies . Bien sûr, chacune se spécialise et devient partie d’une chaîne de relation intégrateur/fournisseur. Mais malgré tout, il y a toujours de nombreux domaines très spécialisés où une entreprise ne peut pas maintenir un savoir-faire au niveau de l’état ​​de l’art pour ses propres produits . Ceci est particulièrement criant pour les PME.

La mission des équipes produit et R&D est de plus en plus difficile.

C’est là que l’innovation ouverte entre en scène. S’appuyer sur des savoir-faire externes, intégrer les innovations d’autres laboratoires ou entreprises est la seule façon de rester à niveau ou de surpasser la concurrence . En particulier lorsque votre ‘moteur R&D’ vous place a prior comme un challenger dans votre propre marché.  PME disais-je …

Dans notre expérience avec l’Open Innovation , nous avons rencontré de nombreux exemples similaires:

– Un fabricant d’ustensiles de cuisine a besoin d’expertise sur la façon d’obtenir certaines couleurs sur aluminium usiné

– Un fabricant d’instruments médicaux a besoin d’un procédé moins coûteux pour le ponçage de la céramique

– Un fabricant de téléphone a besoin d’une antenne de conception plus compacte  …

Ils étaient tous sous pression du marché, de contraintes budgétaires de R&D, leurs fournisseurs n’avaient pas la bonne réponse; mais nous avons trouvé ensemble que des chercheurs ou d’autres PME, loin de leur écosystème initial, avaient déjà résolu ces problèmes .

La détection de solutions, la mise en œuvre de l’Innovation Ouverte en tant que pratique, l’intégration d’IP de tiers, la collaboration avec de nouveaux partenaires au sein de votre processus de R&D sont toutes des questions difficiles que nous discuterons dans d’autres articles de ce blog .

Mais j’espère que celui-ci a démontré qu’une ouverture beaucoup plus grande de la ‘boite’ R&D est la seule option dans ce domaine, pour des solution dans un monde d’innovations toutjours meilleurs, plus rapide mais aussi plus difficile (Better – Faster – Harder) .

* Avec la (presque) autorisation de Daft Punk

L’innovation Ouverte et la propriété intellectuelle: contradiction ou complémentarité ?

L’innovation ouverte et les DPI : contradiction ou complémentarité ?

L’innovation ouverte et la gestion des droits de propriété intellectuelle ont longtemps été présentés comme des approches contradictoires de l’innovation. Nous discutons ici la contradiction apparente mais nous montrons que les DPI peuvent définir le cadre idéal pour la réalisation de projets d’innovation ouverte .

Une contradiction apparente dans les définitions.

Entre la propriété intellectuelle et l’innovation ouverte la contradiction commence avec les définitions .

Les droits de propriété intellectuelle (brevets, dessins et modèles, droits d’auteur), tels que définis par l’OMC sont « les droits conférés aux personnes sur les créations de leur esprit. Ils donnent généralement au créateur un droit exclusif sur l’utilisation de sa création pendant une certaine durée. »

Comme on le voit, la notion d’exclusivité est centrale.

B.Hall dans son étude [ 1 ] stipule que : « les DPI sont généralement conçus pour exclure les autres de l’utilisation des idées et des inventions d’une entreprise  » .

L’Innovation Ouverte d’autre part se définit ainsi: « L’innovation ouverte est un paradigme qui suppose que les entreprises peuvent et doivent utiliser des idées externes ainsi que des idées internes et les chemins internes et externes vers le marché ».  Dit autrement il s’agit « d’innover avec des partenaires en partageant les risques et les bénéfices. » [Wikipedia , citant Chesbrough].

Ici, l’accent est clairement mis sur la notion de «partage» .

Bien que «partager» ne ​​signifie pas «donner», on voit bien le grand écart qu’il y a entre les notions d’«exclusivité» et de «partage».

Et la contradiction semble s’aggraver lorsque l’on regarde les pratiques réelles dans les deux camps .

Le poids économique croissant de la propriété intellectuelle

Bien qu’il existe des groupes ayant des intérêts économiques communs ou des contraintes d’interopérabilité (Web 2.0, patent-pools sur les formats vidéo ou les télécommunications), la règle générale reste que les DPI et notamment les brevets sont considérés comme des armes de protection ou même d’attaque dans des conflits industriels .

En fait, le rôle des droits de propriété intellectuelle est devenue primordial depuis l’entrée dans l’économie de la connaissance. Dans une économie matérielle, on peut protéger ses biens dans un coffre-fort tandis que dans une économie de la connaissance les seules protections sont les secrets ou des titres de propriété intellectuelle.

Comme exemple de cette croissance, on peut citer le montant total des licences de brevets qui est passé de 50 milliards de dollars en 1994 à 200 milliards en 2008 (source OMPI et Athreye/Yang dans [7]) , cela ne tient pas compte des acquisitions comme celle Motorola Mobility par Google (12 milliards de dollars) et Nokia par Microsoft (7 milliards de dollars), qui toutes deux visent à remplir leurs portefeuilles de brevets .

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Les promesses des brevets

Nous avons tous entendu également de célèbres batailles comme les plaintes d’Apple contre Samsung qui ont fini par bloquer les ventes des smartphones Galaxy aux États-Unis en 2012.  Les blogs sur le sujet regorgent d’exemple de situations absurdes en particulier liées aux brevets logiciels ou sur le génome (voir Commodor / brevet XOR).

La protection des inventions peut en effet se transformer en pratiques excessives et douteuses .

Un article du MIT Sloan [2] résume bien ceci en disant que « les  problèmes se produisent lorsque la protection de la propriété intellectuelle est transformée d’un moyen de capturer la valeur de l’innovation en une fin en soi » .

Quand il s’agit de bâtir de nouveaux partenariats , cette position crispée sur les DPI impose des règles strictes qui font peser une lourde armure sur les épaules des employés et ralentissent les projets. Certaines entreprises vont exiger un NDA avant toute discussion, la plupart veulent avoir un accord contractuel global avant de démarrer un projet et certaines vont tout simplement refuser les discussions avec les sociétés qui ne possèdent pas de brevets.

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Discutons d’un partenariat !

De grandes entreprises comme IBM et P&G ont cependant réalisé que l’agilité de l’entreprise exigeait un changement dans leurs politiques de propriété intellectuelle et ont commencé à le faire réellement à la fin des années 2000 , voir [1] .

L’agilité de l’Innovation Ouverte soulève de nouvelles questions

Dans le camp de l’Innovation Ouverte, les intervenants recommandent d’utiliser des processus légers pour mener les projets afin que l’information puisse être partagée rapidement sans barrières inutiles. Ceci est absolument nécessaire quand une entreprise envoie un appel à propositions dans l’espoir de recevoir des dizaines de réponses. Avoir un NDA avant l’échange d’information n’est  certainement pas compatible de cet objectif.

Et pourtant, suivant ces principes, des milliers de problèmes industriels sont rendus publics et encore plus de propositions de solutions sont dévoilées avec la plus minime protection d’un clic sur une page Web!

Avec une telle contradiction, on peut légitimement se poser des questions .

Les questions principales de l’entreprise sont généralement :

1 . Que va-t-il arriver à mon challenge ? Ne peut-il pas être exploité par mes concurrents à mon insu ?
2 . Comment puis-je protéger mes produits contre les imitations si je ne possède pas entièrement l’ IP ?

Les experts ou fournisseurs ont eux les questions suivantes:

3 . Comment puis-je protéger mon savoir-faire dans un processus aussi sommaire ?
4 . Suis-je affaibli sur le long terme par le partage ou la licence mes droits de propriété intellectuelle ?

Eh bien, comme vous le devinez, en tant qu’experts de l’innovation ouverte, nous avons les réponses :-) et pour vous remercier d’avoir lu jusqu’ici, je vais maintenant vous en donner un aperçu .

Les plates-formes d’innovation ouverte peuvent fournir les réponses

La première question porte sur un risque potentiel dans la divulgation d’un problème industriel, y compris à la concurrence . En effet, personne ne veut que d’autres connaissent les détails de nos problèmes, pas seulement dans les affaires .

Il est facile d’y répondre, d’une part les plates-formes d’Innovation Ouverte permettent de poser des questions de façon anonyme (quelques exemples ici) . Chez ideXlab nous avons développé un workflow qui permet de rechercher les experts et d’entrer dans des discussions et négociations anonymes jusqu’à ce que les deux parties soient d’accord pour démarrer une collaboration .

Deuxièmement, on doit se poser la question du risque réel si la question est divulguée. Dans la plupart des cas que nous avons traités, les questions posées portaient sur l’amélioration d’un produit existant (le produit et ses performances étant déjà connus, une divulgation n’est pas un gros risque); d’autres sont liées à des fonctions périphériques d’un produit dont la divulgation ne porterait pas sur le cœur de métier de la société.

La réponse à la deuxième question est un peu plus technique. Supposons que vous ayez trouvé une technologie que vous souhaitez intégrer dans votre prochain produit; il y a alors deux cas: soit la technologie est protégée par le fournisseur ou elle n’est pas. Si elle l’est par un brevet ou même seulement une preuve d’antériorité, dans le cadre de votre contrat vous demanderez un droit d’utilisation (ou licence), potentiellement exclusif, ou vous pouvez acquérir les brevets.  Le droit d’utilisation ne vous permet pas de poursuivre un contrefacteur potentiel, mais un bon avocat aura ajouté un engagement de l’inventeur de vous aider et de poursuivre les fautifs. Si vous voulez le maximum de sécurité, l’acquisition du brevet est la bonne option.

Si la technologie n’est pas protégée par le fournisseur, il est probablement trop tard pour le faire et votre accord comprendra une licence exclusive sur le savoir-faire et le secret sera la règle!

Mais avant de mettre un cadre juridique complexe en place, il faut  considérer l’avantage donné à l’entreprise qui sera la première à commercialiser ce produit ou cette fonctionnalité. Dans de nombreux cas, être le premier fait une telle différence que le risque d’être copié un an après a peu ou pas d’importance. Bien sûr, ce facteur varie considérablement en fonction du marché et des cycle de vie produit. La vitesse d’exécution est parfois la meilleure protection !

La troisième question (protection du fournisseur ) est posée très fréquemment. Sur les plates-formes d’Innovation Ouverte, les fournisseurs de solutions doivent divulguer un certain niveau d’information pour intéresser l’entreprise demandeuse sans prendre trop de risques.

Encore une fois, nous avons deux situations. Si l’invention est protégée, alors elle peut être divulguée et les DPIs peuvent-être mentionnés . Si ce n’est pas le cas, l’échange d’informations doit être effectuée avec prudence. Les intermédiaires en Innovation Ouverte seront de bon conseil pour cet exercice délicat. Chez ideXlab nous mettons l’accent sur ​​la description des caractéristiques externes des inventions, comme les performances clés, au lieu de divulguer trop de détails sur leurs mise en œuvre. Après quelques questions-réponses anonymes, lorsque le demandeur est convaincu du sérieux de la proposition, alors il peut décider de conclure un accord de confidentialité.

La réponse à la quatrième question est plus une question de conviction et de réalisme. Les licences et l’intégration de technologies tierces est une pratique naturelle dans un monde global. Les deux parties bénéficient de l’échange, l’un avec un nouveau flux de revenus, l’autre avec un cycle de mise sur marché raccourci. En pratique, les universités ont pour mission de licencier leurs inventions et les laboratoires d’entreprises privées ont couramment des département de Propriété Intellectuelle en charger trouver de nouveaux débouchés à la recherche. Toutefois la prudence peut amener à définir des domaines d’application restreints pour éviter une éventuelle concurrence dans le même secteur d’activité que l’inventeur.

Les droits de propriété intellectuelle et l’innovation ouverte sont les deux faces d’une même réalité

L’Innovation Ouverte et la propriété intellectuelle coïncident particulièrement bien lorsque les entreprises se rendent compte qu’elles doivent capitaliser sur les opportunités plutôt que seulement sur ​​leur propriété .

Les réponses exactes aux préoccupations des acteurs dépendent de plusieurs points: la nature du projet d’innovation ouverte, la situation de l’entreprise demandeuse sur les DPI, la nature du produit final et du marché, et sur ​​la situation du fournisseur de technologie.

Ainsi, la société demandeuse doit se poser les questions suivantes:

– Suis-je à la recherche d’une technologie cœur de métier ou d’améliorations ou de fonctions périphériques ?
– Quelle est la valeur ajoutée de la technologie pour mon produit et l’entreprise?
– Le fournisseur peut rivaliser avec moi sur mon marché à un moment donné ?
– La rapidité de mise sur le marché est-elle plus importante que la protection à long terme du produit ?

Selon les réponses à ces questions, il y est possible de définir un cadre de gestion de la propriété intellectuelle qui permettra de monter un projet avec succès, comme décrit ci-dessous.

IPR options

Exemple d’options d’une entreprise en matière de DPI (source ideXlab)

 

Cet article est l’un de notre série sur à la pratique de l’innovation ouverte , nous espérons que vous l’avez apprécié.

 

Références

[1] Open Innovation and Intellectual Property Rights – The Two-edged Sword
http://eml.berkeley.edu/~bhhall/papers/BHH09_IPR_openinnovation.pdf

[2] Does IP Strategy Have to Cripple Open Innovation? http://sloanreview.mit.edu/article/does-ip-strategy-have-to-cripple-open-innovation/

[3] Scenarios for the Future http://www.marcasepatentes.pt/files/collections/pt_PT/1/178/EPO%20Scenarios%20For%20The%20Future.pdf

[4] How intellectual property enables and protects Open Innovation http://www.forbes.com/sites/benkerschberg/2012/04/23/how-intellectual-property-ip-enables-and-protects-open-innovation-platforms/

[5] A practical guide to managing intellectual property rights in an open innovation context http://six6.region-stuttgart.de/sixcms/media.php/1181/Opinet_IPR_Guide.pdf

[6] XOR patent case https://www.google.fr/search?q=CadTrack+xor+patent

[7] Athreye and Yang 2011, Desambodied knowledge flow in the world economy  http://www.wipo.int/export/sites/www/econ_stat/en/economics/pdf/wp3.pdf

[Infographie] Qu’est-ce que l’Open Innovation ?

 

« Nous devons être innovants dans le domaine même de l’innovation »
John Seely Brown

Open Innovation, « The New Imperative for Creating and Profiting from Technology »
Henry W. Chesbrough

L’Open Innovation est un concept qui vient bouleverser notre conception traditionnelle de l’innovation. Comme l’explique John Seely Brown, professeur émérite au centre de recherche Xerox de Palo Alto, il faut aujourd’hui aller plus loin dans l’invention et « innover l’innovation » (« innovating innovation »). Mais l’innovation va au-delà de la création : il s’agit d’une invention portée efficacement sur un marché.

L’Open Innovation : mieux créer grâce à la collaboration

 

Dans cette optique d’innovation portée sur un marché particulier, les entreprises ne peuvent plus se passer de l’Open Innovation si elles souhaitent aller plus loin en Recherche & Développement. Ainsi, chaque entreprise bénéficierait de l’intelligence et des contributions externes, qu’elles viennent d’universitaires, d’étudiants chercheurs , ou encore d’autres experts dans un domaine de pointe. Pour pouvoir aborder le marché sous un angle nouveau et proposer des produits ou services disruptifs, seule la collaboration peut aujourd’hui leur permettre de renouveler leur modèle. Grandes ou petites entreprises, toutes peuvent bénéficier des avantages de l’Open Innovation pour développer de nouveaux produits ou services.

Comment fonctionne l’Open Innovation ?

 

Grâce à l’Open Innovation, la présence de nombreux acteurs professionnels de votre secteur présents dans d’autres entreprises ou universités ne représente plus un problème en soi. Mais comment assurer une transition réussie entre le paradigme d’innovation fermée et celui de l’innovation ouverte ?

Dans cette infographie, vous découvrirez quels sont les avantages de l’innovation ouverte pour votre entreprise, qu’elle soit à la recherche de solutions pour résoudre un problème spécifique, ou qu’elle travaille sur une nouvelle technologie, ainsi que les 9 étapes pour assurer une transition pérenne vers un modèle d’innovation ouverte. En permettant aux idées de fluctuer en interne et en externe, l’entreprise peut à la fois trouver de nouvelles opportunités pour investir le potentiel de ses idées et de nouveaux business modèles pour des produits préexistants.

 

Pour aller plus loin, découvrez 6 exemples concrets de l’Open Innovation dans votre entreprise.

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Open Source VS Open Innovation

Open Source VS Open Innovation

On nous demande souvent la différence entre Open Innovation et Open Source. Et de nombreuses personnes confondent les deux. Essayons de tirer au clair les liens entre ces notions. Nous en profiterons pour en introduire d’autres (Open Hardware, Open Data, Open Access,…)

L’Open Source

Commençons par le mouvement Open Source, puisqu’il est antérieur à l’Open Innovation. Ce mouvement voit le jour dans les années 80 autour du MIT aux Etats-Unis. Il constitue une réaction face à l’essor des éditeurs de logiciel qui ont vu le jour au cours de la décennie précédente. Ceux-ci développent les logiciels indépendamment des constructeurs de matériel et les vendent contre des licences. Ils protègent donc leurs produits et il devient souvent impossible de modifier les logiciels ainsi créés. Richard Stallman, alors chercheur au MIT, réagit contre une tendance contraire à la philosophie d’entraide et de partage de la communauté de développeurs et crée un projet appelé GNU et ayant pour but de créer un système d’exploitation « libre ». Il crée une fondation (Free Software Foundation) et écrit un manifeste pour encourager d’autres développeurs à le rejoindre. Le premier succès visible de cette initiative sera le système d’exploitation Linux qui est par exemple aujourd’hui utilisé dans tous les Smartphones reposant sur Androïd.

 

Quelques années plus tard, en 1998, l’Open Source Initiative (OSI) voit le jour en Californie. Cette initiative a en particulier pour but de lever l’ambiguïté du terme anglais « free », qui signifie « libre » mais aussi « gratuit ». Les promoteurs de l’Open Source ne nient pas l’économie autour des ces logiciels. En revanche, celle-ci reposera sur des services payants (maintenance, améliorations, utilisation,…) proposés autour de logiciels dont les licences sont gratuites. L’OSI clarifie la définition de l’Open Source et codifie les conditions nécessaires pour qu’une licence soit considérée comme compatible. Par exemple, celle-ci doit autoriser les modifications et les applications dérivées, et elle doit permettre leur distribution sous les mêmes termes que ceux de la licence du logiciel original.

L’Open Innovation

Le terme Open Innovation est apparu en 2003 dans un livre publié par Henry Chesbrough. L’Open Innovation regroupe des pratiques de l’innovation s’appuyant délibérément sur l’extérieur de l’entreprise, pour en améliorer l’efficacité ou pour mieux valoriser les efforts d’innovation fournis en interne. Chesbrough effectue dans son livre une synthèse de pratiques qui ne sont pas nouvelles. Par exemple, le recours à la connaissance extérieure via des « gatekeepers » est déjà identifié par Thomas Allen dans les années 60. Von Hippel dans les années 80 identifie le recours à des utilisateurs avancés (« lead-users ») pour développer des innovations de rupture. Globalement, l’Open Innovation promeut le développement de flux de connaissances et d’idées lors du processus d’innovation :

  • entre l’entreprise et son environnement, afin de permettre un meilleur partage des risques et des gains avec des partenaires extérieurs;
  • à l’intérieur même de l’entreprise, afin de permettre une plus grande mobilisation de tous les collaborateurs de l’entreprise.

 

Selon nous, les vraies nouveautés liées à l’Open Innovation n’étaient pas encore pleinement en action lorsque le terme a été inventé : il faut plutôt chercher dans le développement des technologies de l’information et de la communication, qui facilitent les flux d’information, pour trouver des outils et pratiques nouvelles. Ils s’appuient sur les réseaux sociaux, les outils du e-commerce, les technologies du web sémantique, les données mises en libre accès (Open Access, Open Data), etc.

Différences

Des introductions précédentes, il est évident qu’Open Source et Open Innovation sont des notions très différentes. Citons quatre différences importantes.

  1. Tout d’abord quant aux objets concernés : le logiciel pour l’OS; tout type de produit ou service pour l’Open Innovation. Cette différence pourrait partiellement s’estomper dans les années à venir puisque la production d’objets physiques est à présent représentée au travers par exemple des Open Source Appropriate Technologies (OSAT), ou, plus récemment, de l’Open Source Hardware
  2. Ensuite sur le cadre économique et légal proposé. L’Open Source définit un cadre d’échange économique ainsi qu’une politique de propriété intellectuelle. L’Open Innovation laisse ces questions totalement ouvertes. Rien par exemple ne définit les conditions de participation, dans un challenge d’Open Innovation, d’un « lead-user » ou d’un expert apportant leur contribution.
  3. Le poids des acteurs. Les conditions d’échange précédentes sont donc souvent définies par une grande entreprise ou par un intermédiaire spécialisé dans l’Open Innovation. Ces intermédiaires n’existent pas vraiment dans l’Open Source puisque la production et la mise à disposition du code peut se faire via des serveurs informatiques (forges, repositories).
  4. Enfin la diversité des contextes de l’Open Innovation est immense, là où l’Open Source traite de développement ou d’amélioration de logiciels. Les entreprises utilisent l’Open Innovation aussi bien pour des projets très amont (idéation, concours d’idées), la résolution de problèmes, l’amélioration de produits existants, le montage de projets de recherche, etc.

 

Points communs

Mais il existe aussi des points communs forts entre les deux notions. Nous en citerons 4.

  1. Le déplacement des frontières de l’entreprise. Les deux approches remettent en cause le périmètre de l’entreprise traditionnelle, privilégiant la collaboration, le partage, la décentralisation. Ils abaissent les barrières de langue et de géographie (bien qu’il y ait une forte domination de l’anglais et des Etats-Unis), permettent une circulation mondiale des idées et de l’information;
  2. L’Open Innovation et l’Open Source valorisent ce qu’on appelle aujourd’hui l’intelligence collective, reconnaissent que « le tout est plus que la somme des parties », que la diversité, l’indépendance et la décentralisation des opinions et des idées permises par internet donnent accès à une richesse qui était difficile à mettre en œuvre auparavant;
  3. Un élément de motivation important est le souci d’œuvrer pour le bien commun. Ce souci est sans doute plus fort dans le mouvement Open Source (et surtout dans le Free Software), mais on retrouve souvent cette motivation chez les participants aux process d’Open Innovation, qu’il soient experts, collaborateurs d’entreprises ou individus ;
  4. Les technologies de l’information et de la communication jouent un rôle clé, tant dans l’accès à l’information et à la connaissance, dans la production et la prolifération des données ou dans la circulation des idées. L’Open Access promeut la libre mise à disposition de contenus numériques et en particulier dans le domaine des publications issues de la recherche. Ceci permet une plus vaste diffusion et critique des idées scientifiques et, partant, un progrès plus efficace de celles-ci.

open source vs open innovation idexlab infographie

Des convergences possibles ?

Les différences sont-elle amenées à disparaître et les deux notions, l’Open Source et l’Open Innovation pourraient-elle converger ? Nous avons vu que l’Open Source s’est concentré au départ sur le logiciel / software mais inspire d’autres mouvements vers le produit / hardware. D’autre part, l’absence totale de cadre proposé par l’Open Innovation en l’état actuel est une faiblesse, aujourd’hui compensée par exemple par des intermédiaires, mais il serait sans doute opportun de lancer une réflexion sur quelques règles communes visant à protéger les intérêts des contributeurs d’idées, d’informations et de connaissances.

 

Gageons que les points communs qui réunissent les deux pratiques, et qui s’expriment dans bien d’autres domaines, constituent un socle suffisamment solide pour faire évoluer la théorie et la pratique de l’Open Innovation, concept encore jeune et en manque de repères.

Exemples d’innovation ouverte : les entreprises qui ont franchi le pas

Cet article vous propose un certain nombre d’exemples d’entreprises ayant pris la voie de l’innovation ouverte.

L’innovation se doit d’être plus que jamais au cœur de la stratégie des entreprises, quelle que soit leur taille. L’exacerbation de la concurrence dans une économie mondialisée réclame de nouvelles formes et de nouvelles capacités d’innovation. De nos jours, une entreprise qui n’innove pas met son existence en danger.

Les femmes et hommes aux commandes des grandes sociétés en sont conscients. Mais qui dit innovation dit également investissement. Toutes les entreprises, surtout en période de ralentissement économique, n’ont pas les moyens d’allouer des sommes colossales à la recherche et à l’innovation.

C’est dans ce contexte que l’innovation ouverte prend toute sa place et tout son sens.

Nous voudrions dans le cadre de cet article lister un certain nombre d’exemples d’entreprises ayant pris la voie de l’innovation ouverte. Cette liste permettra aux entrepreneurs et aux lecteurs de cet article de donner plus de consistance et de chair à un concept — l’innovation ouverte — parfois encore méconnu et peu mis en pratique.

PSA Peugeot Citroën

Le constructeur automobile français a lancé en 2011 un projet collaboratif ayant trait au développement des voitures du futur et visant à multiplier les partenariats de la firme avec des laboratoires scientifiques du monde entier.

Ce projet s’est concrétisé par la création du réseau des OpenLabs (laboratoires ouverts). Ces structures sont destinées à permettre la rencontre entre les centres de recherche du groupe et des laboratoires extérieurs partenaires. Cette réunion de matière grise a pour mission de penser l’avenir du secteur automobile, en fonction notamment des avancées de la recherche scientifique. Un partenariat a par exemple était conclu entre PSA et l’Institut des Sciences du Mouvement de Marseille.

Coca-Cola

Coca-Cola, c’est bien connu, tient à garder secrète la recette de sa célèbre boisson. Ce n’est donc pas tellement pour le développement de ses produits que la firme américaine s’est lancée dans l’innovation ouverte. Son programme « Shaping a Better Future » permet par contre à des internautes d’horizons différents de proposer leurs solutions à des problèmes sociétaux concrets (concernant par exemple le chômage ou l’environnement). Coca-Cola sélectionne ensuite le meilleur projet et offre à son auteur une somme de 50 000 dollars destinée à réaliser le projet. Le vainqueur est sélectionné en fonction de la valeur intrinsèque de son projet, mais également selon le nombre de votes que celui-ci a reçu. Pour obtenir le plus de voix, Coca-Cola encourage les auteurs de projets à partager ceux-ci sur les réseaux sociaux, Facebook notamment. Cette opération vise évidemment à améliorer l’image de Coca-Cola. Un projet d’innovation ouverte peut aussi servir à cela !

Plus brièvement :

➔ Le constructeur automobile Audi a lancé le Audi Production Award. C’est un concours qui demande aux participants de réfléchir à la voiture du futur, et plus généralement à l’avenir de l’automobile. Le vainqueur reçoit un trophée ainsi que la somme de 5000 euros.

➔ L’entreprise Procter & Gamble a publié sur son site internet la liste des problèmes techniques que ses propres équipes ne parviennent pas à résoudre ou n’ont pas résolu à temps. Un appel est adressé à tous les internautes qui disposeraient de la solution miracle. Toute idée est la bienvenue !

GE a lancé son programme Ecomagination Challenge. Son but ? Récolter les idées des entrepreneurs, des étudiants et de toutes les personnes innovantes concernant les problèmes liés à l’énergie.

➔ L’entreprise d’informatique HP (Hewlett Packard) a mis sur pied des laboratoires d’innovation ouverte destinés à faire travailler ensemble des chercheurs du monde entier et à initier des partenariats entre les équipes HP et des scientifiques extérieurs.

➔ L’entreprise danoise Lego est une des entreprises qui est allée le plus loin dans l’innovation ouverte. Et ce depuis déjà de nombreuses années (MindStorms, Lego Ambassador, Lego Factory et dernièrement Lego Cuuso…). Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Lego est si souvent cité par les apôtres de l’innovation ouverte. Dans toutes ses opérations/programmes, Lego met un point d’honneur à faire participer, plus ou moins directement, ses fans à l’évolution de ses gammes de produits. Rien de plus efficace pour souder la communauté Lego, composée de jeunes et de moins jeunes.

Local Motors est une start-up créée en 2007 par un ancien marine, Jay Rogers. Concevoir une voiture prend des années et coûte généralement des millions d’euros. Local Motors, pour réduire coûts et délais, a décidé de recourir au crowdsourcing. Local Motors utilise le développement collaboratif pour créer les designs de ses voitures. Sa démarche originale a permis à cette petite entreprise de conquérir d’importantes parts de marché. Les heureux gagnants des concours de design industriel organisés par la firme peuvent ensuite toucher des royalties sur les ventes de voiture.

Comme on peut le voir à partir de ces quelques exemples (il y en aurait tant d’autres à évoquer…), l’innovation ouverte a de nombreux avantages et est sans aucun doute promise à un bel avenir. Des avantages en termes d’efficience, en termes économiques, mais aussi, on le voit avec l’exemple de Coca-Cola, en termes d’image.